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Ovales Unisexe Lunettes Lunettes Femme Cool Retro H Soleil Grunge De Clout YC Lunettes Girl Lunettes Rappeur Soleil Vintage Dream Lunettes De Fathoit Auguste Rodin, Buste de Napoléon, 1904, marbre de Carrare, 70 x 57 x 42, Hartley-Dodge Foundation © Comité Rodin. Avec l’aimable autorisation du Comité Rodin, Paris et de la Hartley Dodge Foundation, Madison, N.J.

Depuis plus de 80 ans, la salle du conseil municipal de la ville de Madison, New Jersey, abritait sans le savoir une œuvre inestimable : un buste en marbre de Napoléon Ier exécuté par Rodin. Authentifiée en 2015 et estimée entre 4 et 12 millions de dollars, la sculpture vient d'être déposée au Philadelphia Museum of Art.

Détail de l’arrière du buste de Napoléon signé « A. Rodin ». Au-dessus, le titre de l’oeuvre « Napoléon enveloppé dans ses rêves » © Comité Rodin – Hartley Dodge Foundation.

En 2014, Mallory Mortillaro, une étudiante en histoire de l’art de 22 ans, est engagée par la Hartley Dodge Foundation pour réaliser l’inventaire des œuvres que possède l’organisation et qui sont conservées dans le bâtiment de l’hôtel de ville de Madison, bourgade de l’État du New Jersey. Érigé en 1935 par Geraldine Rockefeller Dodge (1882 – 1973), le Hartley Dodge Memorial, qui accueille à présent les services municipaux de la ville, abrite depuis les années 1940 plusieurs pièces issues de la collection personnelle de la riche héritière. L’étudiante va plus particulièrement s’intéresser à un buste en marbre, juchée au sommet d’un piédestal dressé dans un angle de la salle du conseil municipal. Au revers de cette sculpture de 350 kg, une signature l’interpelle : A. Rodin. Cette découverte vient relancer une rumeur au long cours quant à l’attribution de l’œuvre et déclenche enfin un véritable travail d’investigation.

L’histoire de la sculpture commence en 1904, lorsque l’épouse d’un célèbre avocat new-yorkais, John Woodruff Simpson, commande à Rodin un buste de Napoléon. La renommée transatlantique de l’artiste est alors établie grâce au soutien d’amateurs éclairés et de critiques d’art depuis les années 1880. Quant au sujet de la sculpture, on ne connaît pas pour l’heure les raisons de son choix. Traduit-il un attachement personnel de la Madame Simpson au personnage ou bien exprime-t-il un goût plus généralement américain pour la figure de l’Empereur ? La question reste en suspens. On peut cependant affirmer qu’il ne correspond pas à un intérêt particulier de Rodin, qui n’était ni bonapartiste ni spécifiquement nostalgique de la période de l’Empire. Quoi qu’il en soit, pour réaliser ce portrait posthume, le sculpteur, qui ne travaille jamais sans modèle, procède par substitution et élabore ses maquettes à partir d’une copie du masque mortuaire de Napoléon, dit « masque Antommarchi ». Il fait également poser l’un de ses assistants, le sculpteur André Halou, à qui il trouve une ressemblance avec l’Empereur.

Auguste Rodin, Buste de Napoléon, vers 1904, plâtre, 65,2 x 56 x 44,8 cm, Paris, musée Rodin (inv. S.01897) © Agence photographique du musée Rodin – Pauline Hisbacq

La réalisation d’une telle sculpture au sein de l’atelier de l’artiste se développe suivant différentes étapes de travail qui demande chacune l’intervention d’un praticien spécialisé. Plusieurs années après la commande, la livraison du buste se fait toujours attendre. Madame Simpson se lasse et se désiste finalement au profit de l’un de ses amis, l’homme d’affaires et collectionneur Thomas Fortune Ryan. Ce dernier, qui avait déjà réalisé plusieurs commandes auprès de Rodin, achète l’œuvre en 1909, lors d’un séjour à Meudon, lieu de villégiature du sculpteur. L’année suivante, de retour à New York, il fait don de trois marbres de Rodin au Metropolitan Museum et offre à l’institution 25 000 dollars destinés à l’acquisition de nouvelles œuvres de l’artiste. Ryan aide ainsi à la constitution du noyau des collections de sculptures de Rodin du musée. Parallèlement, il prête certaines œuvres de sa collection personnelle, parmi lesquelles le buste de Napoléon qui est présenté dans les galeries du musée de 1915 à 1929. À la mort de ce généreux donateur, une vente aux enchères est organisée en 1933 pour liquider sa succession. C’est à cette occasion que Geraldine Rockefeller Dodge fait l’acquisition de l’œuvre qu’elle rapporte avec elle dans son fief de Madison. Elle dépose ensuite plusieurs œuvres de sa collection au Hartley Dodge Memorial, sans qu’aucun registre d’inventaire ne soit établi. Le buste de Napoléon rejoint les salles du futur Hôtel de ville et tombe dans l’oubli…

François Vizzavona, Rodin accoudé au buste de Napoléon (marbre), vers 1910, épreuve aristotype, 19,6 cm x 14,6 cm, Paris, musée Rodin (inv. Ph.858) © musée Rodin

Jusqu’à ce qu’en 2015, les investigations de Mallory Motillaro ne précipitent la venue dans le New Jersey de Jérôme Le Blay, directeur du Comité Rodin et auteur du catalogue raisonné de l’œuvre du sculpteur. Celui-ci confirme qu’il s’agit bien d’une pièce répertoriée de l’œuvre de Rodin et authentifie la sculpture. Parmi les dizaines de critères d’authentification envisagés, l’expert retient notamment la nature du matériau (un marbre de Carrare qui correspond à un achat de l’artiste réalisé en 1904), le sujet (pour lequel l’artiste a exécuté une maquette en plâtre, actuellement conservée au musée Rodin), ou bien encore les sources textuelles ou iconographiques permettant de documenter l’œuvre et son historique. La correspondance de l’artiste atteste ainsi de la réalité et de l’exécution de cette commande, tandis qu’une photographie, datée de 1910, représente Rodin en train de poser devant le buste de Napoléon. Une spécificité technique entre également en ligne de compte : la présence sur la surface de l’œuvre de traces de pantographe, ce compas à trois trous permettant de reporter sur les marbres les repères pris sur l’étude pour le dégrossissage du bloc.
L’affaire est donc entendue, il s’agit bien d’une œuvre de Rodin. Un chef-d’œuvre oublié ? On ne saurait aller jusque-là. Cependant, Jérôme Le Blay nous précise que le buste de Madison est un témoin remarquable de l’art du portrait tel que le concevait Rodin. Intitulée Napoléon enveloppé dans ses rêves, l’œuvre ne constitue pas une simple allégorie, ni un hommage, mais renouvelle l’iconographie traditionnelle de Napoléon en proposant un portrait psychologique de ce dernier. L’artiste fusionne ici en une même image la figure romantique du jeune général Bonaparte et celle, plus institutionnelle, de l’Empereur des Français, pour mieux traduire l’état d’esprit de l’homme face à ses espérances comme à ses souvenirs.

Estimée entre 4 et 12 millions de dollars, l’œuvre se révèle un cadeau bien encombrant pour la Hartley Dodge Fondation qui, pour des raisons d’assurance et de sécurité, décide de garder la découverte secrète. L’annonce officielle n’intervient donc qu’en octobre dernier, après qu’une solution de conservation a été trouvée : la Fondation décide en effet de placer le buste en dépôt à long terme au Philadelphia Museum of Art, qui possède déjà une importante collection d’œuvres de Rodin. Le buste de Napoléon devrait être exposé à leur côté pour le centenaire de la mort du sculpteur en novembre 2017.

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